France
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Voici l’actualité France de ce mardi vingt octobre deux mille vingt-six.
Le budget de la Sécurité sociale arrive à l’Assemblée avec un objectif de rigueur. Les couvre-feux partiels ont commencé dans plusieurs villes après les violences du dix-sept octobre, pendant que le gouvernement réunit en urgence réseaux sociaux et entreprises. Les premières condamnations sont tombées. Les commerçants sinistrés obtiennent des aides, alors que les dégâts se chiffrent déjà très lourdement. Le renseignement français est mis en cause pour son manque d’anticipation. Dans les rangs du pouvoir, les violences nourrissent inquiétude et sentiment d’impuissance. Et la crise pèse déjà sur la campagne présidentielle, jusque dans les prises de position de la gauche et de l’extrême droite.
Le projet de budget de la Sécurité sociale pour deux mille vingt-sept arrive ce mardi dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Le gouvernement de Sébastien Lecornu veut ramener le déficit à douze milliards sept cents millions d’euros en deux mille vingt-sept, contre vingt et un milliards huit cents millions en deux mille vingt-six. Sans mesures nouvelles, l’exécutif affirme que le déficit grimperait à vingt-deux milliards six cents millions. L’effort prévu approche donc dix milliards d’euros, surtout sur les dépenses. Les dépenses d’assurance maladie n’augmenteraient que de deux pour cent. Sur les retraites, toutes les pensions ne seraient pas revalorisées sur l’inflation en janvier. Les retraités touchant mille deux cent soixante euros ou moins, base et complémentaire comprises, garderaient cette hausse. Au-delà, une sous-indexation ou un gel serait fixé par décret. Si toutes les pensions au-dessus de ce seuil étaient gelées, l’économie atteindrait environ quatre milliards d’euros. Le texte prévoit aussi des baisses de prix demandées aux industriels du médicament, un milliard d’euros d’économies sur les arrêts maladie à définir avec les partenaires sociaux, et un transfert de cinq cents millions d’euros de remboursements hospitaliers vers les complémentaires santé. Les hôpitaux verraient leur enveloppe augmenter de trois pour cent, mais avec sept cents millions d’euros d’efforts d’efficience. Côté recettes, le gouvernement veut limiter des exonérations de cotisations patronales, créer une taxe sur des produits transformés avec sucres ajoutés et additifs, et réduire une niche fiscale sur les indemnités de rupture des hauts salaires. Il veut aussi imposer un an de résidence en France aux étrangers non européens en situation régulière pour accéder à la majorité des prestations familiales et aux aides personnelles au logement.
Après les pillages et violences en marge des manifestations du dix-sept octobre, les premiers couvre-feux sont entrés en vigueur lundi soir dans plusieurs villes. À Paris, ils concernent la place de la République et le secteur des Halles, de vingt-trois heures à six heures, avec des exceptions pour les habitants, travailleurs, commerçants et services de secours. La préfecture a aussi interdit de manifester dans plusieurs secteurs à partir de vingt heures. À Lyon, la mesure vise une partie de l’hyper-centre, de vingt et une heures à six heures. Les bars, restaurants, cinémas, salles de spectacles, transports en commun et véhicules peuvent continuer à fonctionner. Dans le Nord, Lille, Douai, Wattignies et Denain appliquent des couvre-feux limités à des portions de communes et seulement pour les mineurs. À Bordeaux, les mineurs non accompagnés sont concernés dans certains secteurs jusqu’au lundi vingt-six octobre au matin. À Nice, le couvre-feu vise aussi les mineurs, dans le centre-ville, le Vieux-Nice et le secteur de la gare. Ce mardi, le gouvernement prévoit de rencontrer les principales plateformes de réseaux sociaux. Le ministère de l’Économie accueille aussi un conseil exceptionnel des entreprises. Gérald Darmanin a demandé aux parquets de retenir la qualification de criminalité organisée pour certaines gardes à vue, ce qui permet de les prolonger jusqu’à soixante-douze heures. Laurent Nuñez promet de son côté un dispositif policier plus important à Marseille samedi.
Les premières comparutions immédiates ont commencé lundi. Gérald Darmanin a annoncé deux mille cinq cent treize gardes à vue et soixante-sept incarcérations après les violences, saccages et pillages du week-end. À Paris, un homme de vingt et un ans arrêté près de la Bastille a été jugé après la découverte, dans son sac, de bouteilles en verre, d’alcool à brûler, de chiffons et de briquets. Il a reconnu la détention de substances incendiaires et explosives, mais a nié vouloir s’en servir. Il a été condamné à huit mois de prison, dont deux mois ferme avec mandat de dépôt. Un autre homme, jugé pour avoir tiré au mortier sur une voiture de police, a été condamné à dix mois de prison avec sursis. Les deux ont interdiction de paraître à Paris pendant un an.
Le gouvernement annonce aussi des mesures pour les commerces touchés. Selon Sébastien Lecornu, au moins trois mille commerces ont été dégradés ou pillés. Les représentants du secteur évaluent les dégâts à des centaines de millions d’euros, sans chiffrage précis. Le chômage partiel sera pris en charge à cent pour cent pour les salariés concernés, et un fonds spécifique de soutien doit aider les commerces à répondre à leurs besoins de trésorerie. Le gouvernement dit discuter avec les assurances pour accélérer les expertises. Le Crédit Agricole annonce un moratoire sur les remboursements de crédits et une ligne de crédit d’urgence à deux virgule cinq pour cent, jusqu’à vingt mille euros. Des enseignes nationales sont aussi touchées. Le BHV Marais dit que son rez-de-chaussée a été saccagé. Les Galeries Lafayette évoquent des conséquences importantes, notamment à Bordeaux, Nantes et Rennes. SFR recense une quinzaine de boutiques dégradées, JCDecaux plus de quatre cent cinquante éléments de mobilier urbain vandalisés, et Casino une cinquantaine de magasins attaqués. Le gouvernement demande en outre aux plateformes de vente en ligne de retirer les annonces concernant des articles volés.
Les services de renseignement sont désormais critiqués pour leur anticipation. La mobilisation de samedi a réuni cinq cent cinquante mille manifestants dans le pays, dont cent dix mille à Paris, selon les chiffres officiels. Les services anticipaient cent cinquante mille participants en régions et quatre-vingt mille dans la capitale. Emmanuel Macron a reconnu une défaillance du renseignement, et Sébastien Lecornu a partagé ce constat. Gérald Darmanin affirme que le renseignement français est très efficace contre le terrorisme islamiste, la criminalité organisée et les ingérences étrangères, mais qu’il ne sait manifestement pas lutter correctement contre l’ultragauche. Des sources sécuritaires évoquent aussi le manque de renseignement humain, les messageries cryptées, les fausses informations, et le rôle d’accélérateur de réseaux comme TikTok et Telegram. Une source parle d’une convergence inédite entre militants d’ultragauche, contestataires violents et jeunes des quartiers.
Dans les couloirs du pouvoir, plusieurs responsables décrivent une ambiance lourde. Certains parlent d’impuissance, d’inquiétude et de résignation. Laurent Nuñez a révélé avoir présenté sa démission au président de la République, qui l’a refusée au nom de la continuité du commandement des forces de l’ordre. Sébastien Lecornu a, lui, maintenu sa confiance au ministre de l’Intérieur tout en reconnaissant des défaillances. Le gouvernement met en avant les couvre-feux, la réponse pénale, le chômage partiel et le fonds de soutien. Mais la question posée en interne reste celle de la sortie d’une crise à la fois sociale et sécuritaire, alors que des gilets jaunes ont appelé à un nouvel acte samedi.
La crise rejaillit aussi sur la présidentielle prévue dans six mois. Sébastien Lecornu estime que l’agenda démocratique peut être perturbé par le désordre, et vise l’ultragauche. Jean-Luc Mélenchon dit ne pas avoir entendu d’appel à remettre en cause l’élection, et affirme que ceux qui partagent son combat n’ont rien à faire dans le pillage ou le saccage. À droite et à l’extrême droite, les violences sont déjà liées aux thèmes de l’ordre et de la sécurité. Jordan Bardella promet de rétablir l’ordre si son camp gagne en deux mille vingt-sept. Marine Le Pen demande aux Français de tenir encore quelques mois. Des responsables d’autres partis estiment que ces images peuvent servir le Rassemblement national, mais un spécialiste des études d’opinion appelle à la prudence et juge qu’il ne faut pas surinterpréter un épisode encore récent.
Enfin, François Kalfon, eurodéputé Parti socialiste-Place publique et soutien de Raphaël Glucksmann, approuve les couvre-feux localisés annoncés par Sébastien Lecornu. Il les décrit comme une nécessité face aux exactions qui mettent en danger la paix civile. Il accuse aussi La France insoumise de complicité dans le chaos actuel et avertit que le désordre, et le soutien au désordre, peuvent conduire à une victoire électorale de l’extrême droite.
C’est la fin de ce brief France pour ce mardi vingt octobre.
Sources
The articles this brief was written from, in the order it covers them.
- Budget de la Sécu 2027 : Rigueur, retraites… Tout savoir sur le texte qui arrive dans l’hémicycle de l’Assemblée20 Minutes
- Violences du 17 octobre : les premiers couvre-feux sont entrés en vigueur dans la nuit, avant une série de réunions d'urgence ce mardiFrance Info
- Des couvre-feux partiels mis en place à Paris, Lyon, Lille et Nice après un week-end de violences et de pillagesFrance Info
- Mobilisation en France: après les violences, les premières condamnations sont tombéesRFI
- Commerces saccagés : chômage partiel, fonds de soutien… les aides annoncées par le gouvernementFrance 24
- Pillages : « Au moins 3 000 » commerces touchés pour des « centaines de millions d’euros » de dégâtsPublic Sénat
- Violences du 17 octobre : Comment le renseignement français s’est fait dépasser par la mobilisation20 Minutes
- "Encore six mois à tenir, c'est long" : dans les couloirs du pouvoir, les violences du 17 octobre laissent un goût d'"impuissance" et d'"inquiétude"France Info
- Comment les violences urbaines rejaillissent déjà sur l’élection présidentielleHuffpost
- «Le désordre, c'est l'autoroute vers l'extrême droite», selon François Kalfon, eurodéputé PS-Place publiqueRFI