France
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Voici le brief France du mercredi vingt et un octobre.
À Limoges, un suspect a été interpellé après l’incendie de la mairie. À Marseille, le couvre-feu pour les mineurs divise après les violences urbaines. À Paris, le parquet a requis prison avec sursis et inéligibilité contre Rima Hassan. Au Sénat, un texte veut mieux informer les victimes de violences sexuelles. La présidentielle est déjà visée par des opérations numériques étrangères. Le maintien de l’ordre du dix-sept octobre reste au cœur des critiques, jusque dans un rapport sénatorial. Au tribunal de Paris, les comparutions immédiates se déroulent sous tension. Et dans le débat politique, les réponses aux violences relancent les attaques contre La France insoumise et la question de l’ultragauche.
Un homme de trente-quatre ans a été interpellé mardi matin dans l’enquête sur l’incendie volontaire de la mairie de Limoges. Le RAID, l’unité d’intervention de la police, a mené l’opération. L’homme est soupçonné d’avoir été l’un des instigateurs du feu qui a ravagé la partie la plus ancienne de l’hôtel de ville, un bâtiment du dix-neuvième siècle. Selon l’Agence France-Presse, il est intérimaire dans le bâtiment, originaire de la Creuse, engagé dans la défense de l’environnement et déjà connu des autorités. Une source policière le présente comme fiché S pour appartenance présumée à l’ultragauche. La procureure Émilie Abrantes dit que son identification repose sur un travail de recoupement d’images et de vidéos. Sa garde à vue peut aller jusqu’à quatre-vingt-seize heures, dans une enquête ouverte notamment pour destruction d’un bien par moyen dangereux en bande organisée. Le parquet national antiterroriste ne s’est pas saisi du dossier à ce stade. Dans le même contexte de violences du dix-sept octobre, le ministre de la Justice Gérald Darmanin affirme que cent cinquante personnes ont été incarcérées.
Mairie de Limoges incendiée: ce que l'on sait du profil du suspect interpellé RFIÀ Marseille, un couvre-feu visant les mineurs est entré en vigueur mardi soir dans plusieurs secteurs. Il s’applique de vingt-deux heures à cinq heures, au moins jusqu’à vendredi inclus, dans des rues du centre-ville, près de centres commerciaux, ainsi que dans certains secteurs d’Aubagne et de Plan de Campagne. La préfecture des Bouches-du-Rhône dit vouloir éviter de nouvelles violences après les pillages du dix-sept octobre. Sur place, les avis sont partagés. Un commerçant juge que les mineurs doivent rentrer chez eux, tout en disant comprendre les revendications liées à la vie chère. Des habitantes interrogées doutent au contraire de l’efficacité de la mesure. Le maire de Marseille, Benoît Payan, demande surtout plus de policiers et des explications sur la gestion du maintien de l’ordre. Le parquet fait état de cent une interpellations à Marseille, dont vingt-sept mineurs. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a promis un renforcement des effectifs pour la nouvelle manifestation prévue samedi.
«On ne fait que déplacer le problème»: à Marseille, après les violences urbaines, le couvre-feu divise RFIÀ Paris, le ministère public a requis dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité contre Rima Hassan. L’eurodéputée de La France insoumise est jugée pour apologie du terrorisme après la publication, depuis supprimée, d’une citation attribuée à Kozo Okamoto, co-auteur de l’attentat de mille neuf cent soixante-douze à l’aéroport de Tel-Aviv, qui avait fait vingt-six morts. Pour le parquet, ce message ressemblait à un hommage, sans critique ni distance. Rima Hassan a dénoncé une tentative d’intimidation et a exercé son droit au silence. Son avocat a plaidé la relaxe et parlé d’un procès politique. Le tribunal rendra sa décision le trente novembre.
France: prison avec sursis et inéligibilité requises contre Rima Hassan, jugée pour «apologie du terrorisme» RFIAu Sénat, une proposition de loi veut renforcer les droits des victimes de violences sexuelles et conjugales. Le texte prévoit qu’une victime soit informée de la remise en liberté de la personne mise en cause, sauf si elle ne souhaite pas recevoir cette information. La version examinée prévoit une information dans les meilleurs délais. En cas de libération anticipée, la victime pourrait aussi présenter des observations au juge de l’application des peines. Sauf décision contraire motivée, le juge devrait prononcer des interdictions de contact, de présence près du domicile ou de résidence à proximité. La commission des lois a toutefois retiré l’idée d’un guichet unique expérimental de suivi des victimes, estimant qu’il ferait doublon avec les bureaux d’aide aux victimes déjà présents dans les tribunaux judiciaires.
Informer et protéger : une proposition de loi pour renforcer les droits des victimes de violences sexuelles examinée au Sénat Public SénatLa campagne présidentielle est déjà ciblée par des ingérences numériques étrangères, selon Laurent Nuñez. Devant le Sénat, le ministre de l’Intérieur a parlé de près d’une centaine d’opérations détectées depuis l’été. Les sénateurs examinent un projet de loi pour renforcer la lutte contre ces ingérences. Le texte prévoit notamment de tripler les peines en cas de diffusion de fausses informations en période électorale, avec jusqu’à trois ans de prison et quarante-cinq mille euros d’amende. Il crée aussi une procédure de référé pour accélérer le retrait de contenus inexacts et trompeurs portant atteinte au débat démocratique. Le ministre reconnaît que le texte ne règle pas à lui seul la menace, mais dit vouloir resserrer les mailles du filet.
La présidentielle déjà ciblée par « une centaine d’opérations » numériques d’ingérences étrangères depuis cet été, indique Laurent Nuñez Public SénatLe dispositif de maintien de l’ordre du dix-sept octobre est toujours examiné de près. Près de soixante mille policiers et gendarmes ont été mobilisés ce jour-là en France. C’est vingt mille de moins que lors du mouvement Bloquons tout de septembre deux mille vingt-cinq, mais six fois plus que lors de la première manifestation contre la réforme des retraites de deux mille vingt-trois. Laurent Nuñez a reconnu que les forces de l’ordre s’étaient retrouvées, par endroits, en décalage avec le nombre de manifestants. Selon le ministère de l’Intérieur, environ cinq cent cinquante mille personnes ont manifesté, alors que les autorités en attendaient au plus deux cent mille. Le bilan communiqué fait état de deux mille trois cent quatre-vingt-dix-sept interpellations, d’environ trois mille commerces dégradés, de nombreux blessés parmi les forces de l’ordre et de plusieurs enquêtes ouvertes par la police des polices.
Le dispositif de maintien de l'ordre déployé le 17 octobre était-il moins important que lors des dernières grandes manifestations ? France InfoDans ce contexte, une mission d’information du Sénat formule trente recommandations pour améliorer le maintien de l’ordre. Les rapporteurs estiment que le dispositif du dix-sept octobre a été rapidement débordé et que le renseignement a sous-estimé l’ampleur de la mobilisation. Ils proposent de renforcer les effectifs spécialisés, de mieux former les policiers et gendarmes non spécialisés, et d’améliorer le suivi en temps réel. Ils recommandent aussi une communication plus claire avec les manifestants, par exemple avec des panneaux lumineux ou des drones équipés de haut-parleurs. Après les manifestations, ils veulent des sanctions plus dissuasives, notamment trois ans de prison pour la participation à un groupement violent, contre un an aujourd’hui.
Renforcer les capacités du renseignement, augmenter les effectifs… Des sénateurs font 30 recommandations pour améliorer le maintien de l'ordre France InfoAu tribunal judiciaire de Paris, les comparutions immédiates liées aux violences du dix-sept octobre se succèdent dans une ambiance tendue. Après plus de mille interpellations à Paris sur le week-end, plusieurs prévenus ont été condamnés à de la prison ferme ou placés en détention provisoire dans l’attente de leur procès. Les profils sont variés, selon les audiences rapportées : étudiants, jeunes travailleurs, manifestants occasionnels ou personnes soupçonnées de vols. Des avocats dénoncent une réponse judiciaire menée à flux tendu et contestent certaines procédures. Quatre procédures ont déjà été écartées pour irrégularités.
"On a besoin de sang après les exactions" : au tribunal de Paris, des comparutions immédiates sous tension et des avocats en colère après les violences du 17 octobre France InfoAprès les violences urbaines, plusieurs responsables de droite et d’extrême droite proposent des mesures de fermeté. Éric Ciotti veut interdire toutes les manifestations et sanctionner les émeutiers par la suppression d’allocations familiales ou l’expulsion de logements sociaux. Bruno Retailleau demande l’état d’urgence et la dissolution de La France insoumise. Gabriel Attal évoque un blocage temporaire des réseaux sociaux, qu’il présente comme des points de ralliement pour les casseurs, ainsi que le recours ponctuel à l’armée pour protéger des bâtiments publics. Ces propositions suscitent des critiques à gauche et chez certains juristes, au nom des libertés publiques.
Après les violences urbaines, la droite et l’extrême droite se lancent dans une surenchère de solutions miracles HuffpostEnfin, l’exécutif maintient sa pression sur La France insoumise, qu’il associe à une nébuleuse d’extrême gauche et d’ultragauche après les violences. Mais cette stratégie est contestée. Mediapart cite un commissaire du renseignement territorial selon lequel il serait demandé d’écrire que La France insoumise est derrière le mouvement, ce qu’il juge objectivement faux. Le Premier ministre Sébastien Lecornu dément toute instruction politique donnée à la police. Des spécialistes interrogés distinguent aussi l’ultragauche, l’extrême gauche radicale et La France insoumise. Une source du renseignement citée par l’Agence France-Presse attribue à l’ultragauche et à l’extrême gauche radicale une responsabilité dans des violences contre les forces de l’ordre et des symboles de l’État, mais pas dans les pillages, présentés comme plus opportunistes.
Assimiler LFI à l’ultragauche, une stratégie en passe de se retourner contre l’exécutif ? France 24C’est la fin de ce brief France du mercredi vingt et un octobre.