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Union Européenne

Institutions europeennes, politique de l Union, economie sociale et rapports de force continentaux.

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Voici votre brief Union européenne pour ce mardi quinze septembre.

Les Vingt-Sept prolongent seulement d’une semaine les sanctions contre la Russie après une demande française sur Alisher Usmanov, puis l’Union constate une forte baisse des petits colis venus de Chine. Le projet de budget européen est critiqué pour son manque d’investissement, tandis que le prochain discours d’Ursula von der Leyen inquiète sur l’asile. La Finlande rejoint l’initiative nucléaire française, la Banque centrale européenne est mise en cause dans le financement des renouvelables, et la Roumanie obtient une aide pour ses éleveurs. Des dirigeants se réunissent aussi sur l’Arctique, la mobilité du travail revient dans le débat social, et le Premier ministre letton dit que les Baltes sont enfin entendus sur la Russie.

Les pays de l’Union européenne ont prolongé la liste noire visant la Russie, mais pour une semaine seulement. La décision a été prise lundi à Bruxelles, alors que la liste devait expirer à minuit ce mardi. Elle concerne environ trois mille personnes et entités, et doit normalement être renouvelée tous les six mois à l’unanimité. Le blocage vient d’abord de la Slovaquie, puis de la France, qui ont demandé le retrait de l’oligarque russe Alisher Usmanov. Les vingt-cinq autres États membres n’étaient pas d’accord. Les ambassadeurs ont donc choisi de garder Usmanov sur la liste jusqu’à une nouvelle réunion prévue le vingt-deux septembre. Un diplomate européen résume la situation ainsi : les États acceptent de ne pas être d’accord, pendant une semaine. Une source diplomatique française parle, elle, d’un enjeu de sécurité nationale et de demandes venues de partenaires internationaux. L’article rapporte que cette formule alimente des spéculations sur un possible arrangement avec Bakou ou Moscou. Usmanov, homme d’affaires né en Ouzbékistan, est visé depuis deux mille vingt-deux par une interdiction de visa et un gel de ses avoirs dans l’Union, en raison de ses liens jugés particulièrement proches avec Vladimir Poutine. L’Azerbaïdjan, la Turquie et l’Ouzbékistan avaient déjà plaidé pour son retrait de la liste en mars. L’Azerbaïdjan détient aussi un homme d’affaires français, Martin Ryan, emprisonné pour espionnage, et Paris cherche à obtenir son retour. L’article souligne qu’un tel lien, s’il existait, reviendrait à un échange autour des sanctions européennes.

EU extends Russia sanctions for one week only, after France insists on delisting Usmanov EUobserver

Sur le commerce en ligne, le nombre de petits colis d’une valeur inférieure à cent cinquante euros entrant dans l’Union a chuté de près de moitié depuis le premier juillet. Cette baisse suit l’instauration d’une redevance douanière forfaitaire de trois euros. Les données belges indiquent un recul de cinquante-trois pour cent sur un an, et les douanes néerlandaises constatent une baisse de quarante-six pour cent pour les colis de commerce en ligne, en particulier venus de Chine. La Belgique et les Pays-Bas représentent ensemble près de la moitié de ces envois arrivant de l’extérieur de l’Union. Les douanes néerlandaises restent prudentes. Elles estiment que certaines entreprises pourraient importer en gros et stocker dans l’Union avant de revendre aux consommateurs. La Commission européenne avait recensé environ quatre virgule six milliards d’articles de faible valeur importés en deux mille vingt-quatre, soit douze millions de colis par jour en moyenne. Le député européen Dirk Gotink dit que la taxe a déjà réduit le flux, mais que la réforme douanière reste nécessaire. Elle doit créer une plateforme centrale de données et une Autorité européenne des douanes à Lille, attendue d’ici deux mille vingt-huit.

Taxe forfaitaire de 3 € de l'UE : l'afflux de petits colis chinois réduit de moitié Euronews Europe FR

Le projet de budget européen pour deux mille vingt-huit à deux mille trente-quatre est aussi contesté. Selon l’analyse publiée par Social Europe, le chiffre annoncé de deux mille milliards d’euros donne une impression trompeuse. En prix constants et par rapport à la taille de l’économie européenne, le budget ne passerait que de un virgule treize pour cent à un virgule quinze pour cent du revenu national brut de l’Union. En tenant compte des instruments hors budget comme NextGenerationEU, appelé à expirer, la capacité budgétaire réelle reculerait de un virgule quarante-trois pour cent à un virgule vingt-huit pour cent à partir de deux mille vingt-huit. Les auteurs estiment que l’Union ferait face, même avec la proposition de la Commission, à un manque d’investissement public et privé de trois cents milliards d’euros par an au niveau européen. En ajoutant les besoins nationaux, ce manque atteindrait environ mille deux cents milliards d’euros. Ils plaident pour un budget au moins dix pour cent plus élevé, un successeur financé par dette commune, et des conditions sociales sur les fonds aux entreprises, notamment sur l’emploi de qualité, la formation et la négociation collective.

Europe’s €2 Trillion Budget Buys Less Investment, Not More Social Europe

Sur la migration, un article rapporte qu’Ursula von der Leyen pourrait annoncer mercredi de nouvelles mesures lors de son discours sur l’état de l’Union. Selon cette analyse, ces mesures pourraient aller jusqu’à permettre à des États de suspendre l’asile lorsqu’un grand nombre de personnes arrive à une frontière. Catherine Woollard, professeure associée en droit à la Brussels School of Governance, estime que plusieurs États cherchent à affaiblir le principe qui interdit les refoulements. L’article rappelle que les demandes et les arrivées ont diminué, mais que la politique migratoire reste au centre des tensions européennes. En Grèce, le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis a demandé en août de nouvelles mesures d’urgence pour suspendre temporairement les demandes d’asile. Le Parti populaire européen propose aussi de supprimer la protection subsidiaire, accordée à des personnes qui ne remplissent pas les critères du statut de réfugié.

Von der Leyen’s State of the Union speech risks making border pushbacks ‘normal’ EU migration policy EUobserver

La Finlande a officialisé sa participation à l’initiative française de dissuasion nucléaire avancée, à l’occasion du Sommet européen sur l’Arctique. Paris et Helsinki parlent d’une étape importante pour la sécurité européenne et la coopération bilatérale. Un groupe de pilotage sur les questions nucléaires doit être créé dans les prochains mois. Le président finlandais Alexander Stubb précise que cette initiative ne remplace pas la dissuasion nucléaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, et que la Finlande ne prévoit pas de stationner des armes nucléaires sur son territoire en temps de paix. L’Estonie discute aussi avec la France d’un approfondissement possible. La Finlande devient le dixième pays européen associé à ce dispositif. Paris conserve le contrôle exclusif de son arsenal, avec une décision finale qui revient au président français.

La Finlande rejoint la dissuasion nucléaire française, l'Estonie "en discussion" Euronews Europe FR

Une recherche de la New Economics Foundation met en cause l’usage des hausses de taux pour combattre une inflation liée aux énergies fossiles. Selon l’institut basé à Londres, chaque hausse de dix pour cent des prix du pétrole et du gaz augmente l’inflation globale de zéro virgule trente-six point de pourcentage. Les auteurs précisent que leurs estimations sont illustratives plutôt que prédictives. Ils ajoutent qu’une hausse des taux de la Banque centrale européenne renchérit aussi les investissements dans les renouvelables, souvent financés par emprunt et coûteux au départ. Selon eux, cela risque de maintenir une dépendance au pétrole et au gaz, alors même que cette dépendance alimente l’instabilité des prix.

Fighting fossil-fuel inflation with ECB rate hikes punishes renewables, research finds EUobserver

La Commission européenne a approuvé une aide publique roumaine de cinquante-deux millions d’euros pour les éleveurs bovins. Le programme vise à compenser la hausse des coûts du carburant agricole et des engrais liée à la crise au Moyen-Orient. L’aide prendra la forme de subventions directes, jusqu’à cinquante mille euros par entreprise éligible. Elle restera en vigueur jusqu’au trente et un décembre deux mille vingt-six. La Commission juge le dispositif nécessaire, approprié et proportionné au regard des règles européennes sur les aides d’État.

Romania secures €52 million aid for cattle farmers amid rising fuel and fertiliser costs European Interest

Dans le même temps, des dirigeants européens se sont réunis à Rovaniemi, en Finlande, pour discuter de l’Arctique. Le recul de la glace ouvre de nouvelles routes maritimes, accroît l’intérêt pour les ressources naturelles, et ravive les préoccupations de sécurité liées à la Russie. Parmi les participants figurent António Costa, Friedrich Merz, Mette Frederiksen et des premiers ministres nordiques. Le sommet prépare une révision de la politique arctique de l’Union attendue cet automne. La Commission a aussi annoncé récemment deux cents millions d’euros d’aide à destination du Groenland sur deux ans, notamment pour le climat, la connectivité, l’hydroélectricité, la pêche et l’éducation.

European leaders gather as Arctic thaw opens shipping routes and raises Russian security concerns European Interest

La mobilité des travailleurs revient également dans l’actualité, avant une proposition de la Commission sur un paquet pour une mobilité équitable. L’analyse publiée par Social Europe rappelle qu’environ dix millions de citoyens de l’Union en âge de travailler vivent dans un autre État membre, et que près de neuf cent cinquante mille personnes se déplacent chaque année. Le texte juge que faciliter les déplacements ne suffit pas. Il souligne que de nombreux travailleurs mobiles occupent des emplois en dessous de leurs qualifications, ou dépendent fortement de leur employeur lorsqu’ils sont détachés ou saisonniers. L’enjeu présenté est donc l’application réelle des droits, la reconnaissance des compétences, et une rémunération fondée sur le travail accompli plutôt que sur l’origine.

Fair Labour Mobility Must Mean Fair for Workers Social Europe

Enfin, le Premier ministre letton Andris Kulbergs affirme que Bruxelles comprend désormais mieux la menace russe, après des avertissements répétés des pays baltes. Il cite notamment une frappe de drone russe contre un train de passagers près de la frontière polonaise, et une tentative d’attaque de drones contre l’aéroport de Leipzig-Halle attribuée par l’Allemagne à Moscou. Kulbergs ne pense pas que la Russie ouvrira un second front, mais il appelle l’Europe à transformer sa prise de conscience en actes. Il dit que la Lettonie augmente sa dette pour investir dans la sécurité, et demande à l’Europe d’augmenter sa production militaire. Il appelle aussi à mieux empêcher l’arrivée de composants occidentaux dans les missiles russes, après des informations ukrainiennes sur leur présence dans des missiles récupérés.

"Nous avions raison": Pour le Premier ministre letton, l'UE écoute enfin les Baltes sur la Russie Euronews Europe FR

C’est la fin de ce brief Union européenne pour ce mardi quinze septembre.